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Bureaux de la Communauté de Communes
Lac d Annecy

Bureaux de la Communauté de Communes<br/> Lac d Annecy

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REHABILITATION DE LA PROPRIETE CALLIES EN BUREAUX ADMINISTRATIFS POUR LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE LA RIVE OUEST DU LAC D’ANNECY.

(Alain ROUSCHMEYER Architecte d’intérieur, GMS STRUCTURES, BET BESNARD, Marc CATHIARD Economiste)
Le projet de réhabilitation de la propriété de famille (acquise par le Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres) en bureaux administratifs pour la Communauté des Communes de la Rive Ouest du Lac d’Annecy est un projet qui soulève une problématique un peu nouvelle : comment l’architecture de rénovation d’un bâtiment peut-elle aider à l’acceptation de cette nouvelle institution ?

Qu’est ce qui est utile ?

Notre première démarche pour faire adhérer les élus à une exigence de qualité est de les réunir autour de valeurs communes.
La plus facile à exprimer est celle de « patrimoine naturel ». Les paysagistes l’ont bien compris et en ont fait leur cheval de bataille. Ici, sur la rive Est du Lac d’Annecy, on est servi : c’est, non seulement la montagne, mais plus encore le lac, l’eau, la neige, les marais, le littoral.

La seconde valeur réunificatrice est celle de « patrimoine bâti ».
Cela consiste à se plonger ensemble, élus et architecte, dans le bâtiment existant, évaluer ensemble son génie, ses potentialités volumétriques, son état de conservation, sa structure et concevoir un projet qui intègre les données du programme aux contraintes de l’existant.

Enfin, dernière étape, il convient de fixer et de se mettre d’accord sur le niveau qualitatif des prestations.
Si le cahier des charges s’exprime en m2 et surface, l’architecte lui, s’exprime en volume, et il se doit aussi de donner un « sens » et une « âme » à son oeuvre, il se doit de redéfinir le sens et de repousser/dépasser les limites de «  la surface utile » pour se rapprocher du « volume utile » dans le projet.
Cette troisième valeur est la plus difficile ; elle réclame de la décision et de l’argumentation ; il importe de ne pas faiblir et d’être honnête avec l’architecture. Le projet peut être discuté, à la limite même de la rupture entre le maître d’ouvrage et l’architecte.
Dès que ces trois valeurs sont acquises, le projet vit déjà ; l’essentiel est fait et les détails naissent ensuite d’eux-mêmes.

DEFINITION DU PROJET

Faire allégeance au lieu

La spécificité du site (zone naturelle, agricole, marais et littoral) et le type d’occupation du bâtiment (bureaux administratifs avec une faible ouverture au public) sont en parfaite correspondance et permettent de concevoir un aménagement extérieur qui s’harmonise et porte une image cohérente du site et de l’usage qui s’y exerce.

J’ai  pu marquer très fortement le génie du lieu et optimiser ses caractéristiques physiques et esthétiques.
L’entrée principale de la propriété est inversée. L’entrée principale qui à l’origine était au Nord, orientée vers la ferme et les dépendances, est déplacée sur la façade Sud, face à la vue panoramique et dégagée des montagnes. Le portail d’entrée est conservé et mis en valeur. L’image du bâtiment s’en trouve inversée et renforcée. La voie d’accès est étroite et droite. Elle mène directement aux bureaux sans partager le parc. Ce tracé direct réduit l’impact du minéral sur la propriété et les bordures traditionnelles de caniveaux sont remplacées par de simples drains en cailloux concassés plus naturels.

Pour valoriser l’intégration de la construction dans son écrin naturel, j’ai éloigné le stationnement de la construction et je l’ai regroupé soit à l’entrée de la propriété pour les voitures du public, soit à l’arrière du bâtiment pour celles du personnel. Enfin un parvis devant l’entrée principale et une requalification du parc (suppression des bosquets et arbres de basse futaie) permettent une meilleure accroche paysagère dans le site
La construction, proprement dite, est mise en situation par une ceinture de végétation graminée, plantée au milieu de galets, qui rappelle la végétation des marais. Les cheminements rappellent les pontons et les embarcadères du lac ; ils sont en planches de bois posées sur des galets et balisés par des poteaux.

Le reste de la propriété est laissé naturellement à usage agricole. La prairie, le long de la piste cyclable a une double vocation : plaine de sculptures et pâturage ; l’aire de stationnement est doublé d’un verger abondamment planté d’arbres fruitiers rustiques.

Le choix du site, et les aménagements très naturels du parc tendent à conforter l’image et les objectifs prioritaires de la communauté de communes et de la protection du littoral : préservation et mise en valeur de l’environnement. La cohérence entre les objectifs et le lieu est parfaite. L’image de la communauté de communes est valorisée.

 

Adapter le programme à la générosité des surfaces :

Mon objectif principal a été de respecter strictement le cahier des charges et de garantir sous tous ses aspects (fonctionnel, sécuritaire, accessibilité, économique, etc.) le meilleur fonctionnement possible des services de la Communauté de Communes au sein de cette construction ; c’est-à-dire :

  • La stabilité de la construction (intervention minimale sur la structure et les murs porteurs, les planchers sont préservés)
  • L’accessibilité du public (escalier et ascenseur central)
  • Un fonctionnement indépendant et bien différencié de chaque niveau
  • La liaison (horizontale et verticale)  fonctionnelle simple et fluide entre chaque niveau
  • L’extension intégrée et la flexibilité des cloisonnements (ouverture temporaire au public)
  • Le confort thermique et la condition d’éclairage optimale (le choix énergétique écologique avec PAC)
  • La qualité intérieure et l’amplitude des volumes (vide sur accueil, hauteur sous plafond, éclairage naturel)
  • La respectabilité de l’image

Les modifications lourdes de la structure sont infimes et concernent uniquement le rez de parc.
J’ai transformé la pièce au centre de la construction en hall d’accueil. Le plafond a été démoli pour doubler le volume et donner ainsi à l’entrée un aspect plus majestueux. Ce vide au-dessus de l’accueil renforce la liaison horizontale et verticale entre les locaux et améliore la fluidité des échanges.
Ainsi, le programme fonctionnel et le cahier des charges qui ne s’exprimaient qu’en deux dimensions deviennent, par une architecture de rénovation à la fois respectueuse de l’existant mais néanmoins créatrice, une expression volumétrique en trois dimensions.

Très vite il a été décidé de saisir l’opportunité offerte par la générosité des espaces et d’intégrer l’aménagement du troisième niveau (prévu initialement  dans une seconde tranche de travaux). Les surfaces du programme d’origine sont donc vite devenues des « surfaces minima théoriques »  Ce nouvel aménagement du troisième niveau permet une grande flexibilité d’usage des bureaux et des possibilités réelles d’accueil pour des services ou associations invitées.

 

Le parti décoratif : jouer le contraste

Mon intention de départ était de considérer cette réalisation comme la marque d’une nouvelle génération, d’un nouvel élan des communes. Pour traduire cette aspiration nous avons joué le contraste, contraste entre l’extérieur et l’intérieur.
Après avoir marqué le respect du lieu et du classicisme un peu passéiste du bâtiment, nous avons senti le besoin de projeter à l’intérieur du bâtiment l’image moderne et dynamique du devenir de la Communauté de Communes : une image de limpidité, de clarté et de transparence.
La décoration intérieure s’inspire et réinterprète chaque élément d’un patrimoine naturel commun aux sept communes pour marquer ce contraste et traduire ce devenir. On trouvera à chaque niveau du bâtiment des clins d’œil à l’eau, au littoral, à la flore des marais, à la neige, à la glace.
L’eau c’est la pureté, la transparence, la teinte changeante, les scintillements des reflets du soleil à la surface de l’eau, l’effet miroir. C’est aussi le littoral, les marais, la liaison entre l’eau et la terre au même titre que le ponton en bois du lac. C’est l’existence d’une flore, les roseaux et sa faune caractéristique
C’est aussi la neige, les marques de pas, les courbes adoucies, le vol léger et aléatoire des flocons, la structure géométrique imperceptible ou encore la glace, sa fragilité et sa transparence, son effet prisme de lumière.